FABE GRYPHIN, l’artiste hors catégorie

L’artiste nyonnais a dévoilé son nouvel album PAIN aux Docks, faisant salle comble! Ayant choisi la voie de la musique depuis tout gamin, Fabe Gryphin est aujourd’hui un artiste reconnu pour sa musique et ses textes. Et pour cause! Fabe Gryphin est l’un de ces artistes qui n’entre dans aucune catégorie. Il est un savant mélange de jazz, rap, hip-hop, soul, folk, électro, rock. Singer-songwriter des temps modernes, le trentenaire charismatique est un chanteur, rappeur et pianiste autodidacte. Accompagné par un groupe de quatre musiciens depuis deux ans, il s’est trouvé une voie qui lui correspond en tous points, où il peut s’exprimer, s’emparer des sentiments et les vivre complètement. Rencontre avec ce nyonnais d’origine suite au vernissage de son nouvel album, PAIN.

 

Après avoir joué avec plusieurs groupes différents, vous avez lancé votre propre projet. Quelles étaient vos raisons ?

Ça s’est fait un peu tout seul. J’ai toujours écrit, composé, chanté dans les différents groupes dont je faisais partie et en parallèle je rappais en groupe et en solo sur des productions de beatmakers. Quand je me suis essayé à la production, j’ai tenté de faire quelque chose d’original en mélangeant les différentes influences que j’avais sans trop réfléchir au style que je voulais faire et ça a donné naissance à ce projet « solo » que j’ai nommé Fabe Gryphin. J’ai sorti un premier titre « A Happy New Year » puis un EP « WoG » et enfin un clip « Golden Prison ». Quand on m’a proposé de faire des concerts avec ce projet, j’ai décidé de monter un groupe avec des musiciens pour m’accompagner. Il y a eu différentes formations, puis en 2015, le projet solo est vraiment devenu un groupe, j’ai lâché les productions et on a enregistré un premier album « Street & Flower : Summer X TIME » sorti en mars 2016.

Comment choisissez-vous vos musiciens ?

Ça s’est fait un peu tout seul. J’ai toujours écrit, composé, chanté dans les différents groupes dont je faisais partie et en parallèle je rappais en groupe et en solo sur des productions de beatmakers. Quand je me suis essayé à la production, j’ai tenté de faire quelque chose d’original en mélangeant les différentes influences que j’avais sans trop réfléchir au style que je voulais faire et ça a donné naissance à ce projet « solo » que j’ai nommé Fabe Gryphin. J’ai sorti un premier titre « A Happy New Year » puis un EP « WoG » et enfin un clip « Golden Prison » en collaboration avec le collectif « Cause ». Quand on m’a proposé de faire des concerts avec ce projet, j’ai décidé de monter un groupe avec des musiciens pour m’accompagner. Il y a eu différentes formations, puis en 2015, le projet solo est vraiment devenu un groupe, j’ai lâché les productions et on a enregistré un premier album « Street & Flower : Summer X TIME » sorti en mars 2016.

Comment choisissez-vous vos musiciens ?

C’est d’abord des rencontres. J’ai connu le batteur Francis Stoessel à travers un ami musicien en commun. Francis m’a présenté Adriano Koch, le pianiste, ils avaient un duo jazz à l’époque. Il a ensuite contacté Erwan Valazza, guitariste et William Jacquemet, tromboniste, et le groupe était né. Le milieu de la musique en Suisse romande est petit, beaucoup de ces musiciens se sont connus lors de leurs études à l’HEMU ou l’EJMA de Lausanne ou dans divers projets de la région. Noé Benita, qui a récemment repris le rôle de batteur du groupe connaissait déjà le reste de l’équipe, ils l’ont contacté, le feeling est passé et voilà.

Que dire de votre nouvel EP « PAIN » ?

Lorsqu’on a enregistré et sorti le premier album, on se connaissait encore très peu, on a essayé pas mal de choses et notre style, notre identité s’est finalement créée au fur et à mesure des concerts que nous avons donné suite à la sortie de l’album. J’ai composé plusieurs titres pendant cette période qu’on a repris petit à petit avec le groupe qui ont finalement donné ce nouvel EP. On a voulu faire quelque chose de plus direct, de plus produit, avec des sonorités plus électroniques, pop, tout en gardant l’essence du groupe. Tout le monde s’est beaucoup impliqué dans la composition et la production de ce disque et je pense que notre direction artistique devient de plus en plus claire. Je voulais aussi casser un peu l’image « Hip Hop Jazzy » que le premier album pouvait avoir, bien qu’il contienne également des morceaux plus pop et des ballades, et surtout réussir à mélanger tous ces styles dans chacun des morceaux plutôt que d’avoir des titres dans un style et d’autres dans un autre. Quant aux thèmes abordés sur cet album, il s’agissait pour moi d’exprimer les différentes choses que je ressens intérieurement et de les confronter à ma vision du monde actuel mais de le faire en m’amusant, avec de l’énergie et une certaine folie assumée. Le mot « PAIN » a une signification dure, triste, mais je trouve qu’il a une sonorité plutôt énergique, accrocheuse et c’est ce contraste que j’ai cherché à faire ressortir sur ces 5 titres. La souffrance, les difficultés, les échecs nourrissent l’inspiration et nous font grandir, et cette évolution personnelle et artistique est bien représentée par la fleur sur la pochette, qui à première vue semble être à l’opposée du titre et intrigue.

Fabe Gryphin @ Les Hivernales Festival , La Parenthèse, Nyon, Switzerland, 24.02.2018.
(c) Christophe Losberger

Votre titre préféré de cet EP est…? Pour quelles raisons ?

Dur d’en choisir un mais je dirais « WoW » qui signifie « Walk on Water », dernier titre del’EP. C’est une ballade avec ce mélange de folk et de sonorités électroniques que j’adore et avec des harmonies à la voix. L’écriture et la composition se sont faites presque toutes seules, un peu comme si je ne l’avais pas écrite moi, comme si les mots et la mélodie m’avaient été dicté par une force supérieure. Quand on l’a reprise avec le reste du groupe, ça s’est aussi fait de manière très naturelle, ils ont tout de suite vu juste quant aux sonorités, arrangements et ambiances qu’ils pouvaient apporter, sans en faire trop. La chanson parle d’espoir, d’amour, de sexe, de nature, de la vie. C’est assez libre d’interprétation en fait. J’aime quand un titre réussit à avoir différentes significations selon la personne qui l’écoute. C’est aussi un titre que j’adore jouer en live, je m’évade complètement quand je le chante et j’oublie tout le reste.

Où allez-vous chercher l’inspiration pour vos textes ?

Je ne me pose pas vraiment de questions quand je commence à composer une chanson. Souvent la musique vient en premier et m’inspire une mélodie qui inspire des sons, des mots, qui deviennent des phrases et finissent par définir le thème. Je construis ensuite autour de cette base avec mon vécu, mon ressenti, mes émotions et les histoires que j’ai envie de raconter.

Y-a-t-il des sujets qu’il vous est impossible d’aborder ?

Je ne crois pas. La beauté de l’art c’est qu’il n’y a pas de restrictions, pas de limites sauf celles que l’on se met. C’est libre et c’est ça que j’aime. Je pense que j’éviterais juste de me faire le porte parole de choses que je ne connais pas suffisamment et de sujets qui pourraient blesser certaines personnes ou du moins de toujours le faire d’un point de vue qui est le mien sans l’imposer aux autres. Je ne cherche pas à faire de morale ou de politique avec mes chansons mais à exprimer ce que je ressens et à faire ressentir des choses à l’auditeur avant tout.

Vous faites de la musique depuis plus de 10 ans, avec plusieurs styles différents. Avec du recul, comment percevez-vous l’évolution de votre musique, et de votre voix ? –Et comment envisagez-vous votre musique pour les années à venir ?

Je fais de la musique et j’essaie d’écrire des chansons depuis que j’ai l’âge de dix ans environ et je le fais avec d’autres personnes depuis une dizaine d’années et bien que j’aie beaucoup évolué, appris de toutes ces expériences, j’ai l’impression d’avoir réellement commencé en 2015 en montant ce projet et en m’intéressant à tous les à côtés nécessaires à un projet professionnel. Les musiciens que je côtoie aujourd’hui me font beaucoup évoluer, me permettent de me remettre en question et de devenir meilleur. Ils ont une vision et une connaissance de la musique qui, en tant que musicien autodidacte, m’apporte beaucoup. Concernant mon évolution musicale, je pense que j’ai une meilleure vision de la direction dans laquelle j’ai envie d’aller bien que plus je m’essaie à différentes choses, plus j’ai envie d’élargir mes horizons, mais l’important est de savoir se recentrer, de trouver ce qui fait ma particularité, mon originalité et de rester vrai dans ce que je fais. Avec ce projet j’ai envie d’explorer de plus en plus l’aspect électronique de la musique avec l’aide de mes musiciens que j’ai envie d’impliquer de plus en plus dans la composition, la production et la direction artistique. En parallèle, j’ai envie de passer du temps à développer mes connaissances, à revenir à la production tout en cherchant à écrire les meilleures chansons avec comme seule arme un piano et ma voix. Concernant ma voix, justement, j’ai envie de continuer à expérimenter de nouvelles choses, de prendre des risques et de travailler ma façon de chanter. J’ai beaucoup évolué à ce niveau là, en chant, en rap, j’ai envie de continuer à mélanger les deux mais le rap se fera sans doute de plus en plus discret dans ce projet que j’ai envie de centrer plus sur le chant, ce qui est déjà pas mal le cas sur cet EP. Quitte à revenir au rap de manière plus classique, sur des productions d’autres personnes, dans d’autres projets.

3 mots pour vous décrire…

Rêveur, créatif, persévérant

Photo Nadir Mokdad

Photo (c) Nadir Mokdad

By |2018-06-26T13:38:10+02:00avril 6th, 2018|Musique|0 Comments

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Journaliste de profession spécialisée en horlogerie, culture et gastronomie, je me consacre ici à faire découvrir les dernières nouveautés horlogères, mes coups de coeur littéraires, les artistes musicaux à ne pas rater ou encore mes découvertes culinaires.

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